8 jours, c’est le temps qu’il a fallu à Tomorro pour boucler sa dernière levée de fonds. En cette fin de premier trimestre, la startup, qui propose une solution pour automatiser la gestion des contrats, annonce en effet un tour de table de 25 millions d’euros mené par XAnge et Acton Capital. Adelie et Founders Future (fonds de Marc Menasé, actionnaire de Maddyness, ndlr), ainsi que les investisseurs historiques, HenQ, Resonance, Financière Saint-James et Motier Ventures, ont également participé à l’opération.

Celle-ci intervient seulement 18 mois après une série A de 11 millions d’euros. A cette occasion, la société avait changé de nom pour devenir Tomorro (ex-Leeway). «Ce changement de nom et cette levée de fonds visaient à accélérer dans l’intelligence artificielle. Le sujet des contrats s’y prête énormément. Nous avions pas mal exploré l’IA avec OpenAI et nous avions donc bouclé cette levée pour construire une équipe centrée sur l’IA. C’est ce qu’on a fait et ce sont désormais 80 % de nos clients qui utilisent nos fonctionnalités d’IA», se réjouit Antoine Fabre, co-fondateur et CEO de Tomorro. «Le juridique est devenu un centre d’innovation dans les entreprises. L’IA a complètement changé sa dimension dans les organisations», ajoute-t-il.

«On sent qu’il y a un momentum»

Depuis la série A annoncée fin 2023, la startup tricolore a notamment lancé Oro, son assistant d’IA spécialement conçu pour analyser et exploiter instantanément les données contractuelles. Ce dernier est déjà utilisé par 77 % des clients de Tomorro. «On sent qu’il y a un momentum sur un marché qui se transforme et qui devient de plus en plus mature. C’est pour ça qu’on a relevé», indique Antoine Fabre. Et si l’entreprise a pu relever autant d’argent si rapidement, c’est parce que les investisseurs sont également conscients de l’opportunité qu’il y a à saisir. «Le marché européen de la gestion de contrats automatisée représente aujourd’hui près de 6 milliards de dollars. C’est un montant qui devrait doubler dans les prochaines années, notamment grâce à l’accélération de l’IA générative», observe Alexis du Peloux, Partner chez XAnge.

Dans ce contexte, Tomorro entend s’appuyer sur sa nouvelle rentrée d’argent frais pour capitaliser encore davantage sur l’IA pour offrir des gains de productivité accrus à ses clients avec sa solution Oro. Dans ce cadre, la société veut proposer «un modèle d’intelligence contractuelle» pour «passer de l’efficacité opérationnelle à un moteur d’intelligence économique et de valeur stratégique». «Après avoir prouvé la valeur de notre CLM (Contract Lifecycle Management) alimenté par l’IA, nous redoublons d’efforts pour délivrer à nos utilisateurs toujours plus d’assistance et de gains de productivité, à toutes les phases de vie du contrat. Pour concrétiser cette vision, nous annonçons le lancement de la négociation assistée par l’IA, une solution qui va considérablement optimiser la gestion contractuelle, en permettant aux entreprises de sécuriser et conclure leurs accords plus rapidement et sereinement», explique Antoine Fabre.

Un bureau en Allemagne

Tomorro, qui compte plus de 300 clients comme Nestlé et Ingenico, va donc doubler ses investissements dans l’IA en 2025, mais aussi franchir un nouveau cap dans son développement international. Dans ce sens, la société s’apprête à ouvrir un bureau à Cologne, en Allemagne. «L’ouverture de notre bureau allemand constitue une première étape avant que nous élargissions notre expansion à d’autres pays européens. Elle s’accompagne, courant 2025, du recrutement d’une équipe complète (sales, marketing, client), ainsi que de la consolidation de nos équipes en France, afin de renforcer notre solution», précise le patron de Tomorro.

A ce jour, l’entreprise enregistre 10 % de son chiffre d’affaires à l’international, mais elle a d’ores et déjà d’autres marchés dans le viseur, comme l’Italie et le Royaume-Uni. «Notre objectif est d’être le n°1 en Europe en 2030», assure Antoine Fabre. Dans ce cadre, la startup va étoffer ses effectifs, en passant de 60 à 120 collaborateurs d’ici la fin de l’année.