Sami se renforce en ce début d’année. En effet, la startup, qui mesure le bilan carbone des entreprises, annonce le rachat de Good Steps, spécialiste du pilotage ESG et de la mise en conformité CSRD. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées. Dans le cadre de celle-ci, les fondateurs de Good Steps, Alexandre Meyer et François Le Quéméner, ainsi que leurs collaborateurs vont rejoindre les équipes de Sami.

Cette acquisition survient un peu plus de deux ans après une levée de fonds de 4 millions d’euros de Sami en novembre 2022 pour passer un nouveau cap dans son développement, notamment en s’exposant à l’international. Aujourd’hui, la société revendique près de 1 500 entreprises clientes, comme Doctolib, Intersport ou encore Keolis, qui utilisent sa solution pour calculer leur bilan carbone, piloter un plan climat ou encore piloter leurs données ESG. Sami assure que ces entreprises représentent en ce début d’année 2025 plus de 30 millions de tonnes de CO2e.

« L’objectif du logiciel n’est pas de faire du reporting pour du reporting »

Désormais, la startup, lancée en mars 2020 par Nicolas Crestin et Tanguy Robert, entend s’appuyer sur l’expertise de Good Steps pour étoffer son activité. Ainsi, Sami va pouvoir proposer une solution plus complète proposant à la fois un module de comptabilisation carbone et de gestion du plan climat et un module de gestion et de reporting de la performance RSE des entreprises. « En intégrant Good Steps, nous allons accélérer le développement de nos fonctionnalités liées à la CSRD et aux autres référentiels RSE. L’objectif du logiciel n’est pas de faire du reporting pour du reporting, mais bien de suivre des indicateurs pour les améliorer », indique Tanguy Robert, cofondateur et co-CEO de Sami.

De cette manière, la société va pouvoir répondre aux attentes de milliers de PME, ETI et grandes entreprises qui doivent s’adapter aux nouvelles réglementations, leur imposant de prendre davantage en compte le climat dans leur fonctionnement. Mais le patron de Sami voit au-delà de l’aspect réglementaire. « La conformité réglementaire n’est pas la seule source d’action pour les entreprises. La dynamique va se poursuivre car beaucoup d’entre elles accélèrent sur leur démarche RSE pour s’adapter aux enjeux futurs, notamment liés au réchauffement climatique et à ses impacts. Pour beaucoup d’autres entreprises, il s’agit également de répondre aux demandes de plus en plus précises des investisseurs ou des clients », observe-t-il.

Si l’Europe est pionnière sur les engagements RSE des entreprises, la situation est bien différente outre-Atlantique, surtout depuis que Donald Trump a décidé une nouvelle fois de sortir de l’Accord de Paris sur le climat pour entamer son deuxième mandat à la Maison-Blanche. Néanmoins, Tanguy Robert ne se montre pas particulièrement inquiet face à la direction prise par les États-Unis. « Le sujet ESG reviendra forcément dans l’agenda des entreprises, par le biais de la réglementation internationale mais aussi par la force des impacts du changement climatique, peu soucieux des opinions de Donald Trump », estime-t-il. L’optimisme est donc de rigueur dans les rangs de Sami, startup hébergée à la Climate House, nouveau lieu «totem» pour l’action climatique en Europe qui a ouvert ses portes en octobre dernier en plein cœur de la « Silicon Sentier ».